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Climatisation

Quelle climatisation pour un commerce : mono-split, multi-split, cassette ou gainable ?

Mono-split, multi-split, cassette ou gainable : choisir la climatisation d'un commerce selon le local, le faux plafond, le groupe extérieur et la puissance.

9 min de lecture Par Stéphane Adam, Fondateur de MS ECO TECH

Chambre froide professionnelle installée par MS ECO TECH

Pour climatiser un commerce, on choisit entre quatre familles de matériel : le mono-split (un groupe, une unité intérieure), le multi-split (un groupe, plusieurs unités), la cassette encastrée dans le faux plafond et le gainable caché dans un plénum. Le bon choix ne dépend pas d’une préférence de marque : il dépend de la configuration du local, de la présence d’un faux plafond, de l’endroit où l’on peut poser le groupe extérieur et de la puissance réellement nécessaire. Voici comment trancher, famille par famille.

Les quatre familles de climatisation, en bref

Toutes fonctionnent sur le même principe : une unité extérieure (le groupe, avec son compresseur et son condenseur) reliée par des liaisons frigorifiques à une ou plusieurs unités intérieures (l’évaporateur et son ventilateur), qui soufflent l’air traité dans le local. Ce qui change, c’est la façon dont l’air est distribué.

SystèmeOù se trouve l’unité intérieurePour quel commercePoint fortPoint faible
Mono-split muralAu mur, en hauteurPetite boutique, bureau, cabineSimple, circuit indépendantSoufflage d’un seul côté, visible
Multi-splitPlusieurs unités, un seul groupeVente + réserve + bureauUn seul groupe en façadeUne panne du groupe arrête tout
CassetteEncastrée dans le faux plafondSurface de vente moyenne à grandeSoufflage sur 4 côtés, discrèteExige un faux plafond
GainableDans un plénum, air distribué par gainesCommerce haut de gamme, restaurantInvisible, seules les grilles apparaissentTravaux lourds, à prévoir à l’aménagement

On croise aussi la console (posée en allège, au bas du mur) et le plafonnier apparent (suspendu sous un plafond sans faux plafond). Ce sont des variantes utiles quand ni le mural ni la cassette ne conviennent.

Le mono-split mural : la solution par défaut des petites surfaces

Un groupe extérieur, une unité intérieure murale, une liaison frigorifique entre les deux. C’est l’installation la plus courte à poser et la plus simple à entretenir, et chaque unité étant sur son propre circuit, une panne ne touche qu’elle.

Il convient bien à une petite boutique, à un salon, à un cabinet ou à un bureau d’arrière-boutique. Ses limites apparaissent quand la surface s’allonge : un mural souffle dans une seule direction, et une boutique profonde se retrouve avec un fond de magasin frais et une vitrine qui chauffe. Il faut aussi accepter que l’unité soit visible, ce qui gêne parfois dans une boutique où chaque mètre de mur sert à la présentation.

Le multi-split : plusieurs pièces, un seul groupe

Le multi-split relie deux à cinq unités intérieures à un seul groupe extérieur. On peut mélanger les modèles : une cassette en surface de vente, un mural dans le bureau, une console dans la cabine d’essayage.

Son intérêt principal est la place en façade. En centre-ville, en rez-de-chaussée d’immeuble ou en galerie commerciale, obtenir l’emplacement d’un seul groupe est souvent déjà une négociation : en poser trois est rarement possible. Le multi-split règle ce problème.

Il a deux contreparties à connaître avant de signer. La première : si le groupe s’arrête, toutes les pièces perdent leur climatisation en même temps. La seconde : les unités d’un même multi-split partagent le mode de fonctionnement du groupe, ce qui interdit en général de chauffer une pièce pendant qu’on refroidit l’autre. Pour une surface de vente orientée plein sud et un bureau au nord, c’est un vrai sujet.

La cassette : la bonne réponse pour une surface de vente

La cassette s’encastre à la place d’une ou plusieurs dalles de faux plafond et souffle sur quatre côtés à la fois. L’air se répartit de façon homogène sur toute la surface, sans jet froid dirigé sur un client ou sur un poste de caisse. Seule la grille reste visible, au même niveau que le plafond.

C’est souvent le meilleur compromis pour une surface de vente, une salle de restaurant ou une pharmacie. Elle impose deux conditions : un faux plafond démontable et un vide technique au-dessus, suffisant pour loger l’appareil. Elle intègre généralement une pompe de relevage des condensats, qu’il faudra entretenir comme le reste.

Le gainable : invisible, mais à décider au bon moment

Avec un gainable, l’unité intérieure est cachée dans un plénum (faux plafond, combles, local technique) et l’air est distribué par des gaines jusqu’à des grilles de soufflage et de reprise. Rien n’apparaît dans la surface de vente, en dehors de ces grilles. C’est la solution des boutiques où l’architecture intérieure prime, et des restaurants qui veulent traiter plusieurs zones depuis un seul appareil.

C’est aussi la plus exigeante à poser : il faut de la hauteur de plénum, des trappes de visite pour l’entretien, et un tracé de gaines étudié. Le bon moment pour la décider est pendant les travaux d’aménagement du local, quand le plafond est ouvert. L’ajouter dans un commerce déjà en activité coûte beaucoup plus de travaux.

Ce qui fait vraiment la puissance nécessaire

Le réflexe du ratio « tant de watts par mètre carré » donne des résultats faux dans un commerce, parce que les apports de chaleur n’y ont rien à voir avec ceux d’un logement. Les postes à regarder :

Apport de chaleurPourquoi il pèse dans un commerce
Vitrine et ensoleillementUne grande vitrine exposée au sud ou à l’ouest est souvent le premier poste.
ÉclairageUne boutique est éclairée toute la journée, souvent avec des spots dirigés.
AppareilsVitrines réfrigérées à groupe logé, fours, machines à café, écrans : ils rejettent leur chaleur dans la salle.
FréquentationChaque client présent apporte de la chaleur et de l’humidité.
Porte d’entréeChaque ouverture fait entrer de l’air chaud.
Isolation du localToiture sous combles, mur mitoyen ou dalle sur parking ne se comportent pas pareil.

Le point le plus souvent oublié concerne les commerces alimentaires : une vitrine réfrigérée ou un meuble frigorifique à groupe logé évacue dans la salle la chaleur qu’il retire aux produits. Une boucherie ou une supérette avec plusieurs meubles de ce type peut demander nettement plus de puissance qu’une boutique de vêtements de même surface. Dans l’autre sens, une climatisation sous-dimensionnée fait monter la température de la salle, ce qui dégrade aussi le fonctionnement des meubles frigorifiques et les températures de conservation.

La méthode est la même que pour une chambre froide : on additionne les apports un par un, puis on choisit le matériel. Nous l’avons détaillée dans notre article sur le bilan de puissance frigorifique. C’est aussi l’objet de notre étude de puissance.

Le groupe extérieur : la contrainte qui décide souvent de tout

Avant de choisir l’unité intérieure, il faut savoir où poser l’unité extérieure. C’est fréquemment la contrainte qui tranche entre les solutions.

  • L’emplacement. Façade, cour intérieure, toiture-terrasse, courette : le groupe a besoin d’air libre devant son condenseur et d’un accès pour l’entretien.
  • La distance au local. Plus les liaisons frigorifiques sont longues et plus le dénivelé est important, plus le choix du matériel se resserre : chaque fabricant fixe des longueurs et des dénivelés maximum.
  • Le voisinage. Un groupe produit du bruit et rejette de l’air chaud. Dans un immeuble d’habitation, l’emplacement se choisit aussi pour ne pas gêner les logements.
  • Les autorisations. Règlement de copropriété, bail commercial, règles d’urbanisme de la commune pour une pose en façade visible : ces points sont à vérifier avant la commande, auprès du bailleur, du syndic et de la mairie.

Réversible : le chauffage du commerce en même temps

La quasi-totalité des climatiseurs posés aujourd’hui dans les commerces sont réversibles : ce sont des pompes à chaleur air-air qui inversent leur cycle pour chauffer. Dans le climat d’Aix-Marseille, c’est souvent le seul chauffage dont une surface commerciale a besoin. Il faut alors dimensionner pour les deux saisons, et pas seulement pour les après-midi de juillet.

L’entretien : une obligation, pas une option

L’entretien d’une climatisation n’est pas seulement une question de rendement. Le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 a rendu obligatoire l’entretien des systèmes thermodynamiques d’une puissance nominale comprise entre 4 et 70 kW, avec deux ans au maximum entre deux entretiens (article R. 224-44-3 du code de l’environnement). Au-delà de 70 kW, c’est une inspection au moins tous les cinq ans (article R. 224-45-2). L’entretien comprend notamment la vérification du système, le contrôle d’étanchéité du circuit frigorifique, le nettoyage si nécessaire et le réglage.

Côté exploitant, trois gestes entre deux visites : nettoyer les filtres des unités intérieures, garder le groupe extérieur dégagé, surveiller l’écoulement des condensats. Le reste, dont tout ce qui touche au fluide frigorigène, relève d’un professionnel. Notre page entretien de climatisation détaille ce que comprend une visite, et notre article sur les fluides frigorigènes et le règlement F-Gas explique le contexte réglementaire des fluides.

Notre méthode pour choisir avec vous

Chez MS ECO TECH, depuis notre dépôt du 40 rue Valery Chasson à Marignane, nous suivons toujours le même ordre, parce qu’il évite les mauvaises surprises :

  1. Relever le local : surface, hauteur, faux plafond, orientation de la vitrine, appareils qui chauffent, usages de chaque pièce.
  2. Trouver l’emplacement du groupe et vérifier la longueur des liaisons.
  3. Calculer la puissance apport par apport, pour le froid et pour le chaud.
  4. Choisir la famille de matériel, puis le modèle.

Nous intervenons en pose dans toute la région PACA, dans un rayon d’environ 70 km autour de Marignane : Marseille, Aix-en-Provence, Vitrolles, Martigues, Aubagne, Salon-de-Provence. Et comme pour nos chambres froides, nous répondons à chaque demande de devis sous 24 heures ouvrées.

Ce qu’il faut retenir

Un mural pour une petite pièce, une cassette pour une surface de vente avec faux plafond, un multi-split pour plusieurs pièces et un seul groupe, un gainable quand on aménage et qu’on veut que rien ne se voie. Mais la famille de matériel ne se choisit qu’après deux vérifications : où poser le groupe et quelle puissance le local demande réellement. Et une fois posée, la climatisation d’un commerce s’entretient au moins tous les deux ans.


MS ECO TECH installe et entretient la climatisation des locaux professionnels en région PACA, en plus de ses chambres froides et de ses panneaux sandwich isothermes. Pour savoir quelle solution convient à votre commerce, décrivez-nous votre local : nous vous répondons sous 24 heures ouvrées.

Les interventions portant sur les fluides frigorigènes doivent être confiées à une entreprise titulaire de l’attestation de capacité correspondante.

Questions fréquentes

Mono-split ou multi-split : lequel choisir pour une boutique ?

Si la boutique se résume à une surface de vente, un mono-split suffit : un groupe extérieur, une unité intérieure, un circuit indépendant. Le multi-split devient intéressant quand plusieurs pièces doivent être traitées (vente, réserve, bureau, cabine) et qu'il n'y a de la place que pour un seul groupe en façade ou en toiture. Son point faible : si le groupe tombe en panne, toutes les pièces sont privées de froid en même temps.

Une cassette plafonnière est-elle possible sans faux plafond ?

Non. La cassette s'encastre dans un faux plafond démontable, généralement en dalles de 60 × 60 cm, et a besoin d'un vide technique au-dessus pour loger le corps de l'appareil, les liaisons frigorifiques et l'évacuation des condensats. Sans faux plafond, il faut se tourner vers un mural, une console ou un plafonnier apparent.

Comment savoir quelle puissance de climatisation installer dans mon commerce ?

Par un calcul des apports thermiques, pas par une règle au mètre carré. Il faut compter l'ensoleillement de la vitrine, l'éclairage, les appareils qui chauffent (vitrines réfrigérées à groupe logé, fours, machines à café), la fréquentation, les ouvertures de porte et l'isolation du local. Deux commerces de même surface peuvent demander des puissances très différentes.

L'entretien de la climatisation d'un commerce est-il obligatoire ?

Oui au-delà de 4 kW. Le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 impose l'entretien des systèmes de climatisation et des pompes à chaleur d'une puissance nominale comprise entre 4 et 70 kW, avec au maximum deux ans entre deux entretiens (article R. 224-44-3 du code de l'environnement). Au-delà de 70 kW, c'est une inspection au moins tous les cinq ans (article R. 224-45-2).

Une climatisation réversible peut-elle chauffer le commerce l'hiver ?

Oui. Une climatisation réversible est une pompe à chaleur air-air : elle inverse son cycle pour chauffer. Dans le climat d'Aix-Marseille, c'est souvent le seul chauffage nécessaire d'une surface commerciale. Il faut simplement en tenir compte au dimensionnement, parce que le besoin de chauffage et le besoin de froid ne sont pas toujours du même ordre.